Capoeira Angola vs. Capoeira Regional
En bref
Capoeira Angola et Capoeira Regional sont deux écoles de capoeira de Salvador, Regional a été fondée par Mestre Bimba dans les années trente, Angola a été codifiée par Mestre Pastinha en 1941. Angola repose sur un rythme plus lent, un jeu plus bas et un ensemble de trois berimbau, Regional sur le São Bento Grande plus rapide, des séquences fixes et les grades calouro et formado.
En un coup d’œil
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Pays d’origine | Brésil | Brésil |
| Origine | XXe siècle (forme actuelle) | XXe siècle (forme actuelle) |
| Fondateur | Mestre Pastinha (codificateur) | Mestre Bimba |
| Contact | Contact léger | Contact léger |
| Sparring | Contact léger | Contact léger |
| Statut olympique | Non olympique | Non olympique |
| Grades | – | Oui (titres) |
| Reconnaissance des grades | inconnu | inconnu |
| Armes | Sans armes | Sans armes |
| Formes | Sans formes | Sans formes |
| Coût relatif | faibles | faibles |
| Katas et formes dans l’encyclopédie | – | 1 |
| Techniques dans l’encyclopédie | 5 | 3 |
Échelles 1–5
Évalué pour l’entraînement typique d’un débutant adulte dans un club ordinaire, calibré sur l’ensemble des arts.
De quoi chaque art est composé
Évaluation éditoriale 0–3 : place de chaque domaine à l’entraînement ordinaire.
Histoire et parenté
Capoeira Angola et Capoeira Regional sont deux écoles de capoeira nées à Salvador, dans l’État de Bahia, dans les années trente et quarante du vingtième siècle. Mestre Bimba a créé Regional, Mestre Pastinha a codifié Angola comme style traditionnel. En tant qu’école, Angola est apparue environ dix ans après Regional, mais elle se réclame de traditions de la capoeira plus anciennes.
- Base commune : le mot capoeiragem apparaît dans un document judiciaire de 1789, et l’État a interdit la capoeira jusqu’au début du vingtième siècle. Les sources situent la légalisation en 1937, ou bien à la disparition de la capoeira du code pénal en 1940.
- Regional : Mestre Bimba (né en 1899, ou en 1900, mort en 1974) a fondé en 1932 une école à Engenho de Brotas et l’a enregistrée officiellement le 9 juin 1937. Pelegrini (História, 2008) place la naissance du style entre 1929 et 1930, les sources divergent.
- Regional : le style s’appelait d’abord Luta Regional Baiana, car la capoeira était encore illégale. Le 23 juillet 1953, Bimba l’a présenté au président Getúlio Vargas.
- Angola : Mestre Pastinha (1889–1981) a repris en 1941 la direction du centre de Liberdade auprès de maîtres plus âgés et, la même année, il a enregistré le Centro Esportivo de Capoeira Angola (CECA) au Pelourinho.
- Angola : en 1966, Pastinha s’est rendu avec ses élèves à Dakar, dans la délégation brésilienne du festival des arts nègres. Dans les années soixante-dix, de nombreux angoleiros sont passés à Regional, et depuis 1985 Angola a connu un renouveau.
- Regional : le Grupo Senzala est né à Rio en 1964, un groupe influent de Regional dans les années soixante-dix et quatre-vingt, qui a repris des éléments du karaté shotokan.
Technique
- Pastinha s’appuyait sur le rythme angola, plus lent.
- Le jeu est souvent décrit comme plus bas, avec des mouvements plus proches du sol.
- L’accent est mis sur la musicalité et l’expression de soi plutôt que sur l’efficacité au combat et l’athlétisme.
- Les angoleiros perçoivent le coup de pied martelo comme emprunté à d’autres arts martiaux.
- Bimba préférait le rythme plus rapide du São Bento Grande.
- Le style écarte les techniques que Bimba jugeait peu pratiques au combat et met l’accent sur l’attaque, l’esquive, la contre-attaque, la précision et la discipline.
- Bimba a ajouté des mouvements du batuque, qu’il avait appris de son père. L’emprunt au jiu-jitsu, à la boxe ou au catch wrestling est contesté.
- Sequência de 17 mouvements fondamentaux d’attaque et de défense, cintura desprezada pour les avancés.
Les techniques communes comme la ginga, l’armada ou la negativa appartiennent à toute la capoeira. Nous n’avons pas trouvé de source décrivant, pour des techniques précises, une différence d’exécution entre Angola et Regional.
Entraînement
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Entrée dans l’école | nous ne l’avons pas trouvé | examen d’admission, chez Bimba d’abord un étranglement de trois minutes sans abandon, plus tard une démonstration de souplesse et un test écrit |
| Entraînement | nous ne l’avons pas trouvé | sequência de 17 mouvements comme méthode d’enseignement, cintura desprezada pour les avancés |
| Chaussures | les angoleiros s’entraînent en chaussures | nous ne l’avons pas trouvé |
| Points communs | apprentissage en cercle par observation et imitation, chant, jeu des instruments | apprentissage en cercle par observation et imitation, chant, jeu des instruments |
D’après les sources, Bimba a créé des enchaînements d’entraînement comme première méthode d’enseignement de la capoeira. Nous n’avons pas trouvé à quoi ressemble un cours ordinaire d’Angola en dehors de la roda.
Progression et grades
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Système de grades | nous ne l’avons pas trouvé dans les sources | calouro, formado, formado especializado (années soixante) |
| Insigne du diplômé | nous ne l’avons pas trouvé | après 1964 un foulard de soie autour du cou lors de la cérémonie |
| Titre de mestre | généralement au moins 40 ans, 25 ans de pratique et des mérites d’enseignant, selon le groupe | généralement au moins 40 ans, 25 ans de pratique et des mérites d’enseignant, selon le groupe |
Les cordões de couleur et le batizado sont aujourd’hui répandus dans la capoeira en général, ils ne sont pas une particularité du style de Bimba. La capoeira n’a pas de système de grades unifié, et de nombreux grands groupes n’acceptent pas le système de la Confederação Brasileira de Capoeira. Nous n’avons pas trouvé de grades pour Angola dans les sources.
Enfants
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Programmes pour enfants | nous ne les avons pas trouvés | nous ne les avons pas trouvés |
| Catégories d’âge | nous ne les avons pas trouvées | nous ne les avons pas trouvées |
| Études chez les enfants | nous ne les avons pas trouvées | nous ne les avons pas trouvées |
Self-défense
- L’Angola de Pastinha a, d’après les sources, privilégié la musicalité et l’expression de soi par rapport à l’efficacité au combat.
- Pastinha a interdit les armes dans son école.
- Le style écarte les techniques que Bimba jugeait peu pratiques au combat et met l’accent sur l’attaque, l’esquive et la contre-attaque.
- Cintura desprezada comme deuxième séquence pour les avancés.
Il s’agit d’une description de l’orientation des deux écoles, pas d’une mesure. Nous n’avons pas trouvé de source évaluant l’usage d’Angola ou de Regional en autodéfense ni décrivant un entraînement face à la résistance.
Usage pratique
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Études sur la condition physique ou la santé | aucune trouvée | aucune trouvée |
| Études sur les blessures | aucune trouvée | aucune trouvée |
Les études sur les blessures et la condition physique trouvées suivent les capoeiristes en général, sans distinguer les styles. Nous n’avons pas trouvé d’étude mesurant expressément Angola ou Regional, nous n’indiquons donc rien sur une différence de charge ni de bénéfice pour la santé.
Compétition
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Règles de compétition du style | nous ne les avons pas trouvées | nous ne les avons pas trouvées |
| Regard sur le sport | Frigerio décrit Angola comme un art, dans les années soixante-dix les angoleiros ont résisté à l’unification de la capoeira en sport national | Frigerio décrit Regional comme un sport |
| Points communs | la Confederação Brasileira de Capoeira (1992) comme organe national selon sa propre description, les règles de 1972 n’ont pas été acceptées par les groupes en général | la Confederação Brasileira de Capoeira (1992) comme organe national selon sa propre description, les règles de 1972 n’ont pas été acceptées par les groupes en général |
Équipement et coûts
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| Ensemble musical (bateria) | typiquement trois berimbau, deux pandeiro, atabaque, agogô et ganzuá, autrefois reco-reco à la place du ganzuá | un berimbau, avec pandeiro, atabaque et agogô |
| Tenue | Pastinha a introduit vers 1950 les couleurs jaune et noir, certains mestres plus tardifs sont passés au blanc | les uniformes de groupe se sont répandus à partir des années soixante |
| Chaussures | entraînement en chaussures | nous ne l’avons pas trouvé |
La composition de la bateria d’Angola s’est, d’après les sources, stabilisée apparemment dans les années soixante. De nombreux autres groupes jouent pieds nus, les angoleiros en chaussures.
Accessibilité et organisations
| Capoeira Angola | Capoeira Regional | |
|---|---|---|
| École d’origine | Centro Esportivo de Capoeira Angola (CECA), Pelourinho, 1941 | école de Mestre Bimba à Salvador, 1932, enregistrement en 1937 |
| Autres lignées | Mestre Moraes a fondé en 1980 le Grupo Capoeira Angola Pelourinho (GCAP), élèves de Pastinha João Grande et João Pequeno | Grupo Senzala (Rio, 1964), le fils de Bimba Nenel enseigne dans la tradition de son père à Bahia |
| Femmes | Pastinha a commencé à enseigner aux femmes | nous ne l’avons pas trouvé |
| Points communs | selon l’IPHAN, la capoeira est pratiquée dans tout le Brésil et à l’étranger | selon l’IPHAN, la capoeira est pratiquée dans tout le Brésil et à l’étranger |
Philosophie
- Approche afrocentrée centrée sur la musicalité et l’expression de soi.
- Elle recherche une pratique plus traditionnelle et un lien avec des traditions plus anciennes de la capoeira.
- Pastinha affirmait, selon Pelegrini (2008), l’origine africaine de la capoeira.
- Accent sur l’efficacité au combat, la précision et la discipline.
- Enseignement structuré en séquences et examen d’admission.
- Bimba affirmait, selon Pelegrini (2008), l’origine brésilienne de la capoeira.
L’anthropologue Alejandro Frigerio décrit Angola comme un art et Regional comme un sport. Pastinha rejetait les innovations de Bimba. Nestor Capoeira affirme au contraire que l’accent mis par Bimba sur le combat est plus proche de la capoeira attestée en 1835. Ce sont les points de vue des auteurs et des écoles cités.
Culture d'entraînement
- La roda est conduite par un ensemble de trois berimbau.
- L’école de Pastinha s’est produite en 1966 au festival des arts nègres de Dakar.
- Pastinha a repris les couleurs jaune et noir de l’école au club Ypiranga.
- La roda est conduite par un berimbau.
- Rythmes iúna pour un jeu plus acrobatique, banguela pour un jeu bas et rusé, São Bento Grande pour la vitesse et la force.
- L’Ordem do Mérito Cultural a été décernée à Mestre Bimba en 2005.
Les deux styles partagent la roda, dans laquelle deux joueurs jouent au centre du cercle pendant que les autres chantent et jouent. L’UNESCO a inscrit en 2014 le cercle de capoeira sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, et l’IPHAN a inscrit en 2008 la roda et le métier des mestres de capoeira comme patrimoine du Brésil. Les inscriptions concernent la capoeira dans son ensemble, pas d’un style en particulier.
Idées reçues
- L’origine directe de la capoeira dans l’art martial angolais engolo de la région de Cunene est contestée, les sources présentent l’étendue du lien historique comme incertaine.
- Nestor Capoeira considère l’accent mis par Angola sur l’authenticité comme une tradition inventée, tandis que les angoleiros se réclament de traditions plus anciennes. Il s’agit d’un différend entre des auteurs et des écoles nommés, pas d’une conclusion vérifiée.
Que choisir
Questions fréquentes
Capoeira Angola est-elle plus ancienne que Capoeira Regional ?
Pas en tant qu’école. Pastinha a enregistré le CECA en 1941, Bimba a fondé son école en 1932. Mais Angola découle d’une pratique plus ancienne de la capoeira et Pastinha l’a codifiée, il ne l’a pas inventée.
En quoi le jeu des deux styles diffère-t-il ?
Angola repose sur un rythme angola plus lent et le jeu est décrit comme plus bas. Regional préfère le São Bento Grande plus rapide, les séquences fixes et l’accent sur l’attaque, l’esquive et la contre-attaque.
Les deux styles ont-ils des ceintures ?
Dans les années soixante, Regional avait les grades calouro, formado et formado especializado et, après 1964, un foulard de soie pour le diplômé. Nous n’avons pas trouvé de grades pour Angola dans les sources. Les cordões de couleur sont aujourd’hui répandus dans toute la capoeira, sans système unifié.
Les études sur la capoeira valent-elles pour les deux styles ?
Les études que nous avons trouvées, par exemple Hirata 2023 avec des enfants d’âge préscolaire, ne distinguent pas les styles. Ce ne sont donc des études ni d’Angola ni de Regional.