Baguazhang
八卦掌Art martial chinois fondé sur la marche en cercle, avec frappes de la paume, coups de pied, clés et projections. Associé à Dong Haichuan, arrivé à Pékin vers 1864.
Fiche Technique
Caractère et Origine
Entraînement
Pour qui
Organisation et Compétition
De quoi le style est composé
Évaluation éditoriale sur une échelle de 0 à 3, selon la place qu’occupe chaque domaine à l’entraînement.
Comparaisons
Catalogues et Bases de données pour Baguazhang
À propos de Baguazhang
Le baguazhang est un art martial chinois dont les débuts sont associés à Dong Haichuan (1797, ou 1813–1882) du district de Wen’an, dans la province du Hebei. Il est attesté que Dong est arrivé à Pékin vers 1864, a servi dans la résidence du prince Su, a été plus tard percepteur et a finalement enseigné publiquement. Les récits de maîtres taoïstes et bouddhistes auprès desquels il aurait appris l’art sont une tradition sans preuve datant d’avant l’époque moderne, et beaucoup de récits à son sujet sont issus de romans populaires.
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La base technique est la marche en cercle. Le pratiquant parcourt un cercle en postures basses, face au centre, et change régulièrement de direction. À ce travail des jambes se rattachent les frappes des paumes, les coups de pied, les clés et les projections. Des principaux élèves de Dong sont nés les styles Yin, Cheng, Liang et Gao, le style Cheng se décrit par l’accent sur la poussée des paumes, le combat rapproché et les clés, le style Yin par les piqûres de paume. La marche en cercle traverse toutes les formes. À l’art appartiennent aussi des armes, dont les couteaux de cerf en forme de faucille, le grand sabre bagua, le bâton et la lance. Sun Lutang, qui a étudié le baguazhang dès 1891 auprès de Cheng Tinghua, le rangeait avec le taijiquan et le xingyiquan parmi les arts internes et a publié en 1916 le livre Baguaquan xue. Depuis 2008, le baguazhang figure sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de la RPC comme entrée de la province du Hebei, et en 2011 l’inscription a été élargie par la branche de Pékin. Les inscriptions nationales citent huit paumes de base, les Huit anciennes paumes et les Soixante-quatre paumes ainsi que l’exercice de la marche dans la boue pour les débutants. Il ne figure pas parmi les disciplines des règles de l’IWUF pour les compétitions de taolu de 2005, et nous n’avons pas trouvé d’étude chiffrée sur ses effets sur la santé ou la condition physique.
Histoire
Le fondateur du baguazhang est considéré être Dong Haichuan du district de Wen’an, dans la province du Hebei. Les sources indiquent qu’il est né le 13 octobre 1797, ou en 1813, et mort le 25 octobre 1882 à Pékin. Un rapport de la China News Service de 2001 place sa naissance sous l’ère Jiaqing (1796–1820) et donne comme lieu de naissance le village de Mijiawu, d’autres sources le village de Zhu. Vers 1853, il a quitté le Hebei et a voyagé pendant des années, vers 1864 il est arrivé à Pékin, où il a servi dans la résidence du prince Su et a été plus tard percepteur. Nous n’avons pas pu documenter l’année où il a commencé à enseigner publiquement. Selon le même rapport, sa tombe se trouvait à l’est de la porte Dongzhimen de Pékin et a été déplacée plus tard dans la banlieue ouest de Pékin, la stèle y a été érigée par des élèves de la deuxième génération.
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La tradition dit qu’il a appris l’art auprès de maîtres taoïstes et bouddhistes dans les montagnes. Ce sont les élèves de ses élèves qui lui attribuent une origine bouddhiste, et de nombreux auteurs chinois la rejettent. La transmission entre taoïstes avant Dong n’a pas de preuve avant l’époque moderne, on admet seulement que Dong a connu au cours de ses voyages des méthodes taoïstes, dont la marche en cercle. Beaucoup d’histoires à son sujet viennent de romans populaires. Ses principaux élèves furent Yin Fu, Cheng Tinghua, Liang Zhenpu et Gao Yisheng, dont les styles Yin, Cheng, Liang et Gao portent les noms. Ma Weiqi et Liu Fengchun comptent aussi parmi la première génération d’élèves. Cheng Tinghua (1848–1900) est mort pendant la révolte des Boxers, abattu par des soldats allemands parce qu’il résistait à son enrôlement forcé dans un groupe de travail.
Ce qui le distingue
Sun Lutang rangeait le baguazhang, avec le taijiquan et le xingyiquan, parmi les styles internes. La boxe interne repose selon lui sur l'intuition, le flux du qi et la santé, et l'externe surtout sur la force musculaire. C'est la délimitation de Sun, pas un critère mesurable.
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Les descriptions de la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de Chine montrent la base différente des trois styles. Le baguazhang repose sur le principe d'utiliser la paume au lieu du poing et de se déplacer par pas sur un cercle, les changements de paume s'entremêlant à la marche en cercle. Le xingyiquan s'appuie sur la théorie des cinq éléments, la posture de base santi shi, les cinq poings de base pi, beng, zuan, pao et heng et douze formes animales, et la description de Shenzhou le présente comme l'art des coups courts de près et de l'attaque directe rapide. Le taijiquan style Chen est décrit comme une pratique unissant combat, endurcissement et santé avec les notions de yin et de yang, mouvement et calme. Les interprétations divergent sur la relation du baguazhang avec les autres styles. Sun Lutang le considérait comme un art dérivé aux nombreuses similitudes avec le xingyiquan, et l'historien Kang Gewu, selon Benjamin Judkins, le tire du style Ba Fa Quan, que Dong Haichuan a appris après avoir quitté son village natal. Kang Gewu n'a pas non plus trouvé de preuve que les trigrammes bagua aient été la base théorique de l'art, selon lui ils ont été adoptés pour leur valeur symbolique. Fu Zhensong (1872–1953, l'année de naissance est contestée) a créé la branche Dragon Baguazhang, qu'il a combinée sous l'influence de Sun Lutang avec le taijiquan et qui se pratique aujourd'hui surtout dans le Guangdong, à Hong Kong et à l'étranger.
Technique
Le mouvement caractéristique est la marche en cercle. Le pratiquant fait le tour du cercle en positions basses, face au centre, et change de direction à intervalles réguliers. Le cercle du débutant mesure environ 1,8 à 3,7 mètres de diamètre. Le répertoire comprend frappes, coups de pied, clés et projections liés à un jeu de jambes circulaire nettement esquivant. Parmi les paumes, on décrit par exemple la paume qui perce et la paume qui écrase. Les descriptions de la technique mentionnent aussi que le pratiquant peut passer derrière l’adversaire, où celui-ci ne peut pas lui nuire. Les branches diffèrent par leur accent. Le style Cheng est décrit comme axé sur la poussée de la paume, le combat rapproché et les clés, avec la paume fondamentale de la griffe de dragon. Le style Yin est connu pour le percement avec les paumes et la paume de la langue de bœuf, le style Ma Gui pour des paumes appelées marteaux. Il s’agit d’une caractéristique traditionnelle des branches, et non de différences mesurées.
Entraînement
La marche en cercle traverse l’entraînement dans toutes les formes, ce n’est pas un exercice séparé mais la base à laquelle se rattachent le travail des paumes et les changements de direction. L’inscription du Hebei sur la liste nationale du patrimoine immatériel de la RPC décrit huit paumes de base, dont danhuanzhang et shuanghuanzhang, et les pas de base qi, luo, kou et bai. Selon elle, les débutants commencent par la marche dans la boue (nibu), et le mouvement est résumé par les formules un pas, deux regard, trois assis, quatre tour. L’inscription de Pékin cite comme base du contenu les Huit anciennes paumes et les Soixante-quatre paumes, les méthodes d’entraînement de la marche dans la boue et de la rotation de la paume en posture fixe, ainsi que les enchaînements au grand sabre et à l’épée. Les sources décrivent de façon différente la manière dont Dong Haichuan enseignait les huit paumes. Selon certaines, il ne transmettait que les trois premières des huit paumes et modifiait les autres pour chaque élève, d’autres indiquent qu’il enseignait nettement plus, et la controverse reste ouverte.
Grades et progression
Nous n'avons pas trouvé dans les sources de système de grades propre au baguazhang. La progression repose sur deux éléments, le système national duanwei et la liste d'État des transmetteurs. Le système duanwei a été instauré par l'Administration générale des sports de Chine en 1998 et, selon un article spécialisé, comprend neuf duan répartis en trois niveaux, initial, intermédiaire et supérieur. Une série de manuels y consacre aussi un volume distinct au baguazhang, mais nous ne le savons que par l'offre d'un vendeur. Liu Jingru, né en 1936 à Gaoyang, est selon le portail d'État titulaire du neuvième duan. Sur la liste d'État des transmetteurs du baguazhang figurent Liu Jingru et Sun Zhijun (1933–2016) pour l'arrondissement pékinois de Xicheng, ainsi que Ren Wenzhu, né en 1950 à Wen'an, pour la ville de Langfang. Wen'an est le district natal de Dong Haichuan, que la tradition considère comme le fondateur du style. Le Xicheng de Pékin a été ajouté à la liste en 2011 comme extension de l'inscription de 2008.
Compétition
Les règles de l’IWUF pour les compétitions internationales de taolu de novembre 2005 énumèrent à l’article 7 changquan, nanquan, taijiquan, jianshu, daoshu, qiangshu, gunshu, taijijian, nandao, nangun, duilian et jiti, le baguazhang ne figure pas parmi les disciplines. Dans les règles du wushu traditionnel de l’IWUF de 2019, nous ne l’avons pas trouvé nommément. Dans le wushu sportif, le baguazhang figure parmi les enchaînements les plus souvent présentés. Comme discipline non standardisée du taolu, il est jugé sans composante de difficulté. Le wushu n’est pas un sport olympique de l’été, pour les Jeux de Pékin 2008 le CIO a autorisé pour la première fois un tournoi de wushu parallèle aux Jeux comme événement distinct.
Équipement
Le baguazhang possède son propre ensemble d’armes. Il comprend les couteaux de cerf en forme de faucille, des armes cachées comme la plume du juge ou la paire de couteaux, les roues du vent et du feu, le grand sabre bagua et le grand sabre large bagua. On s’entraîne aussi avec le bâton, la lance, le bâton guai et le sabre à crochet. L’inscription de Pékin sur la liste nationale du patrimoine immatériel de la RPC cite parmi les armes ziwu yuanyang yue, jizhua yinyang rui et qixing gan. Les armes sont facultatives à l’entraînement, nous n’avons pas trouvé dans une source vérifiable d’équipement obligatoire ni de tenue prescrite.
Philosophie
L’inscription du Hebei du baguazhang sur la liste nationale du patrimoine immatériel de la RPC de 2008 décrit la marche sur le cercle vers la gauche comme yangyi et vers la droite comme yinyi. Selon elle, le principe directeur est le mouvement comme base et le changement comme méthode, et l’entraînement s’appuie sur l’apaisement de l’esprit et sur l’équilibre entre entraînement interne et externe. L’inscription de Pékin de 2011 indique que Dong Haichuan a associé les arts martiaux antérieurs aux principes du Livre des mutations (Yijing). Il s’agit d’une interprétation donnée par le portail national du patrimoine immatériel, non d’une constatation historique attestée. Nous n’avons pas trouvé d’explication de la philosophie du baguazhang par un historien.
Aujourd'hui
Le baguazhang figure depuis 2008 sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de la Chine, dans le deuxième lot, sous le numéro 797 (code VI-25), dans la catégorie des sports, divertissements et acrobaties traditionnels. La candidature vient de la ville de Langfang, dans la province du Hebei, le porteur représentatif est Ren Wenzhu et l'unité protégée est l'école Wenzhu wuxiao, dans le district de Wen’an, d'où venait Dong Haichuan. Dans le troisième lot, en 2011, l'élément a été élargi à la branche pékinoise du district de Xicheng, dont l'unité protégée est l'Association de wushu de Pékin. Les porteurs représentatifs pour Pékin sont Liu Jingru (né en 1936), élève de Luo Xingwu depuis 1957, et Sun Zhijun (1933–2016), qui a étudié à partir de 1946 auprès de maîtres de la branche Cheng.
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Aujourd'hui, on pratique surtout les styles Yin, Cheng et Liang, tandis que Sun, Gao et Jiang sont décrits comme des sous-styles de la méthode Cheng. L'inscription de Pékin distingue les branches par la paume de langue de bœuf et la paume de griffe de dragon. Sun Lutang a appris le baguazhang auprès de Cheng Tinghui à partir de 1891, selon l'historien Benjamin Judkins à partir de 1889, et a publié en 1916 le livre Baguaquan xue. L'orientation xingyi-bagua vient aussi de l'école Cheng, car Zhang Zhankui a d'abord appris le xingyiquan auprès de Liu Qilan, puis le baguazhang auprès d'un représentant de Cheng Tinghui. Nous n'avons pas trouvé d'étude chiffrée sur les effets du baguazhang sur la santé, la condition physique ou l'équilibre, ni d'étude sur les blessures, même dans les sources chinoises.
Le saviez-vous
Selon son inscription sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de la Chine, le baguazhang s'appelait au début zhuanzhang, la paume tournante. Les huit trigrammes bagua, dont il porte le nom, auraient été découverts, selon une légende citée par Britannica, sur le dos d'une tortue par l'empereur Fuxi. La Société de recherche sur le baguazhang de l'Association de wushu de Pékin, fondée en 1982, fut selon la liste nationale la première société civile de Chine consacrée à un seul style. Dong Haichuan affirmait de lui-même, selon Judkins, avoir été eunuque de la cour, ce que les historiens rejettent. Il ne s'est jamais proclamé fondateur, et selon son propre récit il a reçu l'art d'un saint homme errant. Selon Judkins, il n'existe aucune preuve qu'il sût lire. Fu Zhensong fut nommé en 1927 instructeur en chef de la section Wudang à l'Institut central de guoshu de Nankin, et en 1928 il présenta le baguazhang au premier examen national des arts martiaux. Selon Judkins, son maître Cheng Tinghua conseilla à Sun Lutang d'étudier le daoïsme.
Styles et Branches
Branche du baguazhang portant le nom de Yin Fu, l'un des cinq élèves de Dong Haichuan qui, selon Green, ont fondé les écoles actuelles de baguazhang.
Branche du baguazhang portant le nom de Cheng Tinghua, l'un des cinq élèves de Dong Haichuan qui, selon Green, ont fondé les écoles actuelles de baguazhang.
Branche du baguazhang portant le nom de Gao Yisheng. Selon Wikipédia, elle comprend la partie circulaire xiantian et soixante-quatre paumes rectilignes houtian.
Branche du baguazhang portant le nom de Liang Zhenpu, l'un des cinq élèves de Dong Haichuan qui, selon Green, ont fondé les écoles actuelles de baguazhang.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le baguazhang ?
Le Baguazhang est un art martial chinois qui, selon la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de la Chine, s'appelait à l'origine zhuanzhang, la paume tournante. Son principe est d'utiliser la paume au lieu du poing et de se déplacer par des pas en cercle. Le nom renvoie aux huit trigrammes bagua.
Qui a fondé le baguazhang ?
Comme créateur du Baguazhang, la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de la Chine désigne Dong Haichuan, du district de Wen'an dans la province du Hebei, qui acceptait des élèves à Pékin sous le règne des empereurs Xianfeng et Tongzhi (1851–1875). Son année de naissance varie selon les sources, on indique 1797 et 1813. Lui-même ne s'est jamais proclamé fondateur.
Pourquoi marche-t-on en cercle dans le baguazhang ?
La marche en cercle est la base de tout l'entraînement et, selon la liste nationale du patrimoine culturel immatériel de la Chine, les changements de paume s'entrelacent avec la marche en cercle. Nous n'avons pu établir pourquoi Dong Haichuan a choisi le cercle. L'historien Kang Gewu, selon Benjamin Judkins, le fait dériver de la méditation en mouvement de l'école daoïste Long Men, que Dong a combinée avec le style Ba Fa Quan.
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