L'Art de l'Escrime de Meyer
Escrime selon le maître strasbourgeois Joachim Meyer, qui fit imprimer en 1570 un livre sur l'épée, le dussack, la rapière, la dague, le bâton et la hallebarde. Ses manuscrits subsistent.
Fiche Technique
Caractère et Origine
Entraînement
Pour qui
Organisation et Compétition
De quoi le style est composé
Évaluation éditoriale sur une échelle de 0 à 3, selon la place qu’occupe chaque domaine à l’entraînement.
Catalogues et Bases de données pour L'Art de l'Escrime de Meyer
À propos de L'Art de l'Escrime de Meyer
L'escrime de Meyer est un ensemble d'enseignements d'escrime de Joachim Meyer, qui se présente sur la page de titre de son livre comme Freyfechter zů Straßburg. Selon Dupuis (Acta Periodica Duellatorum, 2021), Meyer devint bourgeois de Strasbourg en 1560 comme coutelier en épousant une veuve, et il était originaire de Bâle. Selon lui, une naissance en 1537 est possible, mais pas certaine à cause des homonymes. En 1571 il entra au service du duc à Schwerin et mourut peu après son arrivée, ce que confirme la lettre du chancelier du 24 février 1571.
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En 1570 Meyer publia à Strasbourg, chez l'imprimeur Thiebolt Berger, le livre Gründtliche Beschreibung der freyen Ritterlichen vnnd Adelichen kunst des Fechtens. Le livre comprend cinq parties : l'escrime à l'épée, au dussack, à la rapière, à la dague avec de nombreuses techniques de lutte, et enfin au bâton, à la hallebarde et à la longue lance. Dupuis attribue les gravures à Tobias Stimmer. Le livre est dédié au comte palatin Johann Casimir et fut réédité à Augsbourg en 1600. Meyer laissa aussi des manuscrits. Celui de Munich de 1561 compte 79 illustrations et, outre les armes du livre imprimé, contient aussi le combat en armure, et d'autres se trouvent à Lund et à Rostock. Dans les années soixante du XVIe siècle, Meyer organisa des démonstrations publiques d'escrime et, selon Dupuis, prépara quatre escrimeurs à l'examen de maître d'escrime. Aujourd'hui son livre est aussi disponible dans la traduction anglaise de Jeffrey L. Forgeng de 2006.
Histoire
Selon Dupuis (Acta Periodica Duellatorum, 2021), Joachim Meyer devint bourgeois de Strasbourg en 1560 comme coutelier en épousant une veuve qui avait le droit de bourgeoisie. Ses parents présumés Jakob Meyger et Anna Fründt vivaient dans le faubourg bâlois de St. Alban, dans la paroisse duquel Joachim Meyer fut baptisé en 1537, mais à cause des homonymes ce n'est pas certain. Entre 1560 et 1570 il laissa peu de traces dans les archives, hormis l'organisation de démonstrations publiques d'escrime, et en 1570 il fut trésorier du tribunal de la corporation des forgerons de Strasbourg, ce qui atteste son statut de maître.
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En 1570 parut à Strasbourg chez Thiebolt Berger son livre Gründtliche Beschreibung der freyen Ritterlichen vnnd Adelichen kunst des Fechtens, dédié au comte palatin Johann Casimir de la lignée Pfalz-Simmern. En 1571 Meyer quitta Strasbourg, entra au service du duc à Schwerin et mourut peu après son arrivée. Sa mort fut confirmée par le chancelier dans une lettre au duc du 24 février 1571, dans laquelle il se plaignait de l'absence du médecin de la cour. Wikipédia en allemand donne comme jour du décès le 24 février, celle en anglais le 23 février. Selon Dupuis, le livre fut réimprimé à titre posthume à Augsbourg en 1600 avec les mêmes planches et sans changements substantiels du texte. Jaquet (2020) mentionne encore une édition d'Augsbourg de 1610. Green (2001) écrit que Meyer consigna ses enseignements en 1570, tout comme Jacob Sutor en 1612, et que les Allemands résistèrent dans l'ensemble à l'adoption de la rapière au profit des armes traditionnelles.
Ce qui le distingue
Pierre-Alexandre Chaize voit, selon Dupuis (Acta Periodica Duellatorum, 2021), dans l'imprimé de Meyer les débuts du sport bourgeois, qui met le corps en mouvement par une activité sociale. Dupuis souligne que l'escrime restait fortement liée à l'aristocratie. Jaquet et Walczak (2015) rangent Meyer parmi les témoins qui contiennent les enseignements sur l'épée longue de Martin Siber. Wikipédia en anglais indique que l'imprimé de Meyer est devenu une source influente d'autres livres d'escrime allemands, dont ceux de Jacob Sutor (1612) et de Theodor Verolinus (1672), qui en sont des rédactions simplifiées.
Technique
L'imprimé de 1570 a cinq livres selon le contenu de la copie numérisée. Le premier traite de l'escrime à l'épée, le deuxième du dussack, le troisième de la rapière, le quatrième de la dague avec nombre de techniques de lutte et le cinquième du bâton, de la hallebarde et de la longue lance. Le titre du deuxième livre dit qu'il a nombre de techniques viriles et rapides où les débutants s'exercent à l'adresse puis à la rapière. Le manuscrit de Munich de 1561 a, selon Dupuis (2021), 79 illustrations et des parties sur l'épée à deux mains, le dussack, la rapière, la dague, le bâton, la hallebarde, la longue lance et le combat en armure. La partie sur le dussack a 23 images. Selon les Wikipédia anglaise et allemande, le système de Meyer vient de la terminologie de l'école de Liechtenauer, mais l'escrime civile puise apparemment aussi dans l'escrime italienne contemporaine, dont Achille Marozzo.
Entraînement
La lame d'entraînement de l'épée longue était le Feder. Selon l'étude de Gassmann et collègues (Acta Periodica Duellatorum, 2017), elle a des tranchants et une pointe émoussés, mais égale l'épée longue par ses dimensions, son poids d'environ 1400 grammes et son équilibre. Des Federn historiques subsistent des XVIe et XVIIe siècles, et le livre de Meyer montre des pratiquants avec eux dans sa salle.
Grades et progression
Selon Dupuis (Acta Periodica Duellatorum, 2021), Meyer prépara en quatre ans quatre escrimeurs à l'examen de maître d'escrime. Les demandes de Fechtschule publique de 1560, 1561 et 1563 devaient faire de l'un de ses élèves un maître. Lui-même figure sur la page de titre de l'imprimé comme Freyfechter zů Straßburg et fut en 1570 trésorier du tribunal de la corporation des forgerons, ce qui selon Dupuis atteste le statut de maître.
Aujourd'hui
Jeffrey L. Forgeng a publié la traduction anglaise de l'imprimé de 1570 sous le titre The Art of Combat: A German Martial Arts Treatise of 1570 à Londres en 2006. Les manuscrits de Lund et de Rostock ont été trouvés, selon Dupuis (Acta Periodica Duellatorum, 2021), en 2008 et 2009, et le manuscrit de Munich de 1561 au Bayerisches Nationalmuseum a été décrit par Dupuis en 2021. Les sources divergent sur la datation du manuscrit de Lund. Dupuis le place vers 1568, Jaquet (2020) en 1560. Le manuscrit de Rostock contient entre autres un traité sur la rapière dédié au comte Heinrich d'Eberst et daté de 1570.
Le saviez-vous
Luis Pacheco de Narváez, dans son livre Nueva Ciencia, désigne Meyer selon Dupuis (2021) comme le traducteur d'Achille Marozzo en allemand. Certaines compositions de la section de rapière du manuscrit de Munich rappellent les gravures du livre Opera Nova de Marozzo, de 1536. Le manuscrit de Munich est dédié au comte palatin Georg Hans de Veldenz, et la dédicace est datée du 1er mars 1561 selon le calendrier julien.
Questions fréquentes
Qui était Joachim Meyer ?
Escrimeur et coutelier de Strasbourg, où il est devenu bourgeois en 1560 selon Dupuis (2021). En 1570, il a publié un livre d'escrime, en 1571, il est entré au service du duc à Schwerin et est mort peu après.
Quelles armes le livre de Meyer décrit-il ?
L'imprimé de 1570 compte cinq livres : épée, dussack, rapière, dague avec techniques de lutte et enfin bâton, hallebarde et longue lance. Le manuscrit de Munich de 1561 contient en plus le combat en armure.
Le livre de Meyer existe-t-il en traduction ?
Oui. Une traduction anglaise de Jeffrey L. Forgeng a paru à Londres en 2006 sous le titre The Art of Combat: A German Martial Arts Treatise of 1570.
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