Kito-ryu
起倒流École de jujutsu du début d'Edo, axée sur les projections et le combat en armure. Kano Jigoro l'étudia auprès d'Iikubo Tsunetoshi et conserva ses kata en judo comme koshiki no kata.
Fiche Technique
Caractère et Origine
Entraînement
Pour qui
Organisation et Compétition
De quoi le style est composé
Évaluation éditoriale sur une échelle de 0 à 3, selon la place qu’occupe chaque domaine à l’entraînement.
Catalogues et Bases de données pour Kito-ryu
À propos de Kito-ryu
Le Kito-ryu est une école de jujutsu apparue au début de l'époque d'Edo, selon les encyclopédies japonaises durant l'ère Kan'ei (1624 à 1644). Les sources ne s'accordent pas sur son fondateur. Les encyclopédies Daijisen, Nipponica et Britannica, ainsi qu'un rapport de l'établissement supérieur Teikyo, nomment Ibaraki Sensai Toshifusa, selon Nipponica en 1637, l'encyclopédie Sekai Daihyakka Terada Kan'emon Masashige, la Fédération internationale de judo (IJF) Fukuno Shichiroemon Masakatsu. Une étude de Tanaka Yohei de l'Université de Tsukuba (2010) indique que Terada et Ibaraki sont tenus pour fondateurs de deux Kito-ryu différentes et que leur relation reste obscure.
Lire la suite
Selon Nipponica, l'école se concentrait plus sur les projections que sur les frappes, et ses techniques découlaient du combat en armure. Une étude de Kiryu Shusaku et de ses collègues (Budogaku kenkyu, 2012) souligne dans les kata du Kito-ryu l'unité du corps et de l'esprit, une posture ferme, le calme de l'esprit et la rupture de l'équilibre de l'adversaire. Pour l'histoire du judo, le Kito-ryu compte parce que Kano Jigoro s'inscrivit à son enseignement auprès d'Iikubo Tsunetoshi en juin 1881, un an avant la fondation du Kodokan. Kano jugeait les kata du Kito-ryu avancés sur le plan technique et théorique, les conserva dans le judo et les rebaptisa après 1901 koshiki no kata, un ensemble de vingt et une formes. Nous n'avons pas trouvé dans les sources si la lignée du Kito-ryu survit aujourd'hui de façon indépendante.
Histoire
Le Kito-ryu est apparu au début de l'époque d'Edo, les encyclopédies japonaises le situent à l'ère Kan'ei (1624 à 1644), donc sous le shogun Iemitsu. Les sources divergent sur le fondateur. L'encyclopédie Daijisen cite Ibaraki Matazaemon Toshifusa. Nipponica (article de Watanabe Ichiro) indique qu'Ibaraki Toshifusa a créé les formes et fondé l'école en 1637 et que Terada Kan'emon Masashige l'a développée vers 1648 à 1681, et Britannica Kokusai attribue aussi la fondation à Ibaraki. L'encyclopédie Sekai Daihyakka, au contraire, tient Terada pour le fondateur et place l'origine sous le shogun Tokugawa Ietsuna.
Lire la suite
Fujioka Masaharu (Université de Shimane, 1996) cite comme fondateur de l'école (ryuso) Ibaraki Sensai Toshifusa, élève de Yagyu Munenori, et comme fondateur de "Ran" Fukuno Shichiroemon Masakatsu, avec la lignée Fukuno, Ibaraki, Terada, et selon lui Takuan Soho a nommé Kito-ryu le document "Ran" de 1637. La Fédération internationale de judo (IJF) écrit que l'origine du Kito-ryu est obscure, désigne Fukuno Shichiroemon comme fondateur et mentionne une légende d'un Chinois nommé Chen Yuan Pin. Une étude de Tanaka Yohei (Université de Tsukuba, 2010) résume que l'origine de l'école est obscure, que Terada et Ibaraki sont donnés pour fondateurs de deux Kito-ryu différentes et que leur relation n'est pas claire, et indique qu'Ibaraki Toshifusa a publié en 1639 la liste de techniques Tokushin no mokuroku. La lignée menant à Kano est décrite par un rapport de l'établissement supérieur Teikyo (2014) : le deuxième successeur fut Terada Kan'emon, le septième Takenaka Gennoshin, le huitième Takenaka Tetsunosuke Kazukiyo, le neuvième Iikubo Tsunetoshi et le dixième Kano Jigoro. Iikubo était instructeur de l'école militaire du shogunat Kobusho. Kano s'est inscrit à son enseignement en juin 1881 et a fondé le Kodokan en mai 1882.
Ce qui le distingue
Le Kito-ryu et le judo Kodokan sont reliés par une lignée directe : dans le rapport de l'établissement supérieur Teikyo, Kano Jigoro figure comme dixième de la lignée du Kito-ryu après son maître Iikubo Tsunetoshi. Selon le même rapport, toutefois, le Kodokan n'a repris que les kata du Kito-ryu, non l'école entière. Nipponica relève chez le Kito-ryu l'accent sur les projections, le rapport Teikyo celui sur le combat en armure, et la Fédération internationale de judo décrit des techniques exécutées en armure ou en hakama. En l'intégrant au judo, Kano a modifié le kata. Selon l'étude de Kiryu et collègues (2012), il l'a rebaptisé après 1901 koshiki no kata, changé les noms de cinq techniques, inversé l'ordre de deux et remplacé la saisie du cou par une pression sur la poitrine. Le koshiki no kata désigne ainsi dans le judo un ensemble né du Kito-ryu mais non identique à ses kata.
Technique
Selon Nipponica, le Kito-ryu se concentrait plus sur les projections que sur les frappes, et le rapport de l'établissement supérieur Teikyo place son centre de gravité dans le combat en armure et les projections. La Fédération internationale de judo (IJF) écrit que les techniques s'exécutaient en armure ou en hakama et visaient à projeter l'adversaire au sol. Une étude de Kiryu Shusaku, Murata Naoki et Toda Yoshiaki (Budogaku kenkyu, 2012) décrit les kata du Kito-ryu comme bâtis sur l'unité du corps et de l'esprit (hontai), issus au départ du combat en armure, insistant sur une posture ferme, le calme de l'esprit et la rupture de l'équilibre de l'adversaire. Les kata du Kito-ryu ont survécu dans le judo sous le nom de koshiki no kata. Selon Nipponica et Britannica, ils comptent vingt et une formes, quatorze dans la série omote et sept dans la série ura, issues du combat en armure. Kiryu et ses collègues indiquent que Kano a rebaptisé après 1901 les kata du Kito-ryu en koshiki no kata, changé les noms de cinq techniques, inversé l'ordre de deux et remplacé la saisie du cou par une pression sur la poitrine.
Entraînement
Sur l'enseignement du Kito-ryu, les sources renseignent surtout via Kano Jigoro. Kano s'est inscrit en juin 1881 à l'enseignement d'Iikubo Tsunetoshi, auparavant instructeur de l'école militaire du shogunat Kobusho, et jugeait les kata du Kito-ryu avancés techniquement et théoriquement, selon l'étude de Kiryu et collègues (2012). D'où leur conservation dans le judo. Les pratiquants du Kodokan négligeaient les kata après la fondation de celui-ci, et Kano essayait diverses manières de les y introduire. L'école transmettait aussi son enseignement par écrit : selon l'étude de Tanaka Yohei (2010), Ibaraki Toshifusa a publié en 1639 la liste de techniques Tokushin no mokuroku.
Aujourd'hui
La trace la plus connue du Kito-ryu est aujourd'hui le koshiki no kata, que Kano Jigoro a repris dans le judo. Selon le rapport de l'établissement supérieur Teikyo, le Kodokan n'a pas repris toute l'école, seulement ses kata. Wikipédia en anglais cite comme lignées actuelles le Takenaka-ha Kito-ryu et le judo, qu'elle présente comme successeur officiel du Kito-ryu. Le site de l'école américaine Yotsume Dojo décrit la lignée de Kiyose Nakae (1883–1962), qui enseigna le jujutsu à New York et dont l'élève fut, à partir de 1942, Mike DePasquale senior, mais n'écrit pas que cette lignée est aujourd'hui enseignée activement. Nous n'avons pas trouvé si le Kito-ryu est membre de la Société japonaise des arts martiaux classiques (Nihon Kobudo Kyokai), il ne figure pas sur les listes des participants aux démonstrations Nippon Kobudo Embu ni dans un document du ministère de l'Éducation de 2019.
Le saviez-vous
Selon Fujioka Masaharu (Université de Shimane, 1996), Takuan Soho a donné son nom au Kito-ryu en nommant le document "Ran" de 1637, et Fujioka se réfère pour cela à l'ouvrage Tsuki no sho de Yagyu Jubei. Le comité régional de la fédération française de judo (Comité 13) rapporte dans un document de 1997 une tradition selon laquelle le Kito-ryu aurait été fondé par un trio de samouraïs, Fukuno Shichiroemon, Isogai Jirozaemon et Miura Yojiemon, avec le maître chinois Chen Yuan Pin, qui aurait créé le kata en 1658, c'est une légende transmise par Kano. La Fédération internationale de judo mentionne aussi la légende de Chen Yuan Pin.
Questions fréquentes
Qui a fondé le Kito-ryu ?
Les sources divergent. Les encyclopédies japonaises Daijisen, Nipponica et Britannica citent Ibaraki Sensai Toshifusa (Nipponica donne 1637), Sekai Daihyakka Terada Kan'emon, la Fédération internationale de judo Fukuno Shichiroemon. Une étude de l'Université de Tsukuba (2010) juge la relation entre Terada et Ibaraki obscure.
Quel est le lien entre le Kito-ryu et le judo ?
Kano Jigoro s'est inscrit en juin 1881 à l'enseignement du Kito-ryu auprès d'Iikubo Tsunetoshi et a conservé les kata de cette école dans le judo. Après 1901, il les a rebaptisés koshiki no kata et a modifié certaines techniques.
Combien de formes compte le koshiki no kata ?
Vingt et une, quatorze dans la série omote et sept dans la série ura. Elles viennent du combat en armure du Kito-ryu.
Styles similaires
Sélectionnés selon la correspondance du profil, non selon la filiation historique.