Huka-Huka
Lutte des peuples du Haut-Xingu au Brésil, menée à genoux. Son cadre principal est la cérémonie funéraire Kuarup, où le village hôte se mesure aux invités.
Fiche Technique
Caractère et Origine
Entraînement
Pour qui
Organisation et Compétition
De quoi le style est composé
Évaluation éditoriale sur une échelle de 0 à 3, selon la place qu’occupe chaque domaine à l’entraînement.
Catalogues et Bases de données pour Huka-Huka
À propos de Huka-Huka
Le huka-huka est la lutte des peuples du Haut-Xingu, dans le Mato Grosso brésilien. Le nom est kamayurá, les peuples caribes l'appellent kindene et les Yawalapiti karí. Au moins neuf peuples la pratiquent, dont les Kalapalo, Kuikuro, Yawalapiti, Mehinaku, Wauja, Aweti et Kamayurá, elle n'appartient donc à aucun d'eux seul. La première description écrite, de 1887, est de Karl von den Steinen. Nous n'avons pas pu établir quand cette lutte est née.
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Les lutteurs se placent face à face, tournent en cercle et poussent des sons généralement interprétés comme une imitation du rugissement du jaguar, d'où le nom selon les anthropologues. Puis ils s'affrontent appuyés sur les genoux et cherchent à maîtriser les bras et la nuque de l'adversaire, les jambes ne servant ni à faucher ni à projeter. Selon Costa, on gagne en touchant l'arrière de la jambe de l'adversaire, en le saisissant par derrière ou par une projection, tandis que Paiva et Alberti citent cinq façons, dont la projection sur le ventre et le soulèvement du sol. Il n'y a pas d'arbitre formel, des observateurs nginiko surveillent le résultat et la plupart des affrontements, environ soixante-dix pour cent selon Costa, se terminent par un match nul. Le cadre principal est le Kuarup, en kamayurá Kwarup et en caribe egitsü, une cérémonie funéraire de plusieurs jours en l'honneur des défunts, où le matin du dernier jour le village hôte se mesure aux invités. Chefs et propriétaires de la cérémonie appellent les lutteurs par leur nom, et les meilleurs sont souvent de futurs chefs. Des adolescentes luttent aussi, mais la forme féminine reste marginale. Une loi de mars 2025 a reconnu le Kuarup comme expression de la culture nationale brésilienne, il n'est pas inscrit à l'IPHAN.
Histoire
La première description des luttes dans le Haut-Xingu provient de l'expédition de Karl von den Steinen en 1887, qui décrivit les lutteurs s'accroupissant avant le contact. Selon Paiva et Alberti, des indices ethnoarchéologiques suggèrent une origine plus ancienne, mais nous n'avons pas trouvé de datation plus précise. Les premiers observateurs, von den Steinen, Murphy et Quain ou Schaden, décrivent des spectateurs silencieux ou impartiaux, afin que la lutte n'attise pas l'hostilité. Les encouragements actuels et le rôle des observateurs nginiko reflètent, selon Costa, la paix entre les peuples du Haut-Xingu. La lutte est liée au cycle funéraire de plusieurs jours du Kuarup, en caribe egitsü, en kamayurá Kwarup. Le Kuarup a une origine mythique : Mawutzinin créa les premiers humains à partir de troncs d'arbre et, selon l'ISA, la cérémonie honore la première femme mortelle, mère des jumeaux Soleil et Lune. Selon Costa, la première cérémonie mythique fixa aussi les règles de la lutte, les champions faisaient match nul à répétition jusqu'à ce que deux affrontements déterminent comment on gagne. On lutte aussi lors des cérémonies d'échange uluki et des cérémonies tiponhü après le perçage des oreilles. Lors du Kuarup des Yawalapiti en octobre 2012, l'anthropologue Darcy Ribeiro figurait parmi les défunts honorés.
Ce qui le distingue
Contrairement à l'idée populaire de la lutte, où une projection sur le dos fait gagner, le huka-huka se lutte à genoux sans jeu de jambes, toucher l'arrière de la jambe ou saisir par derrière donne aussi la victoire et la plupart des affrontements finissent en match nul. Nous n'avons pas trouvé de comparaison avec d'autres luttes autochtones brésiliennes dans les sources spécialisées, Irias ne mentionne que la lutte derruba o toco des Pataxó, où le marié est défié après le mariage par les trois meilleurs guerriers du village.
Technique
Les lutteurs appelés en premier, les hotuko, attendent au centre de la place appuyés sur les mains et les genoux. Les adversaires se font face, d'abord ils se déplacent de côté en cercles et poussent des sons imitant le rugissement du jaguar, puis ils s'agenouillent et cherchent à maîtriser les bras et la nuque de l'adversaire. Les jambes ne servent ni à déséquilibrer ni à projeter. Chez les seuls Kalapalo, Costa a relevé plus de quinze prises. Selon Costa, on gagne en touchant l'arrière de la jambe de l'adversaire, en le saisissant par derrière ou par une projection. Paiva et Alberti citent cinq façons : projection sur le dos, projection sur le ventre, toucher l'arrière de la cuisse à hauteur du genou au moins trois secondes, saisir le dos en l'enlaçant et soulever du sol. Les affrontements sont courts, la plupart durent au plus 45 secondes et moins d'un cinquième dépasse la minute. Le match nul survient quand les deux lutteurs baissent nettement l'intensité et, selon Costa, il conclut environ soixante-dix pour cent de plus de deux cents affrontements observés. Il n'y a pas d'arbitre formel, les observateurs nginiko surveillent l'affrontement, signalent le résultat à leur camp et proclament la victoire dans les cas peu clairs. Le résultat se juge à la qualité de la prestation, non aux points.
Entraînement
Chez les Kamayurá, les garçons d'environ quatorze ans peuvent être isolés, suivent un régime spécial pour se purifier et renforcer les muscles et sont entraînés par des lutteurs plus âgés, la lutte marquant ainsi selon Madeira le passage à l'âge adulte et étant le choix des garçons qui veulent devenir meneurs. Selon un article de la revue Arte 21, les lutteurs s'entraînent presque chaque jour et s'intensifie à l'approche du Kuarup, avant les combats les hommes s'enduisent le corps d'huile de copaïba et d'une pâte d'urucum et de pequi et se griffent bras, poitrine et dos avec un outil de calebasse à dents de piranha. Les gens d'un même village ne luttent entre eux qu'à l'entraînement ou par jeu, on lutte pour de bon contre les étrangers et refuser un défi est impoli. Selon Costa, le Kuarup a lieu en saison sèche, environ de juillet à octobre, trois à cinq fois par an, l'article d'Arte 21 indiquant une fois par an.
Grades et progression
Le huka-huka n'a ni grades, ni ceintures, ni catégories de poids. Selon Costa, les lutteurs se répartissent en champions kindotoko, successeurs possibles des chefs, en hotuko, c'est-à-dire les futurs chefs appelés en premier, et en lutteurs ordinaires, la position de champion se manifestant dans l'ordre d'appel. Selon Paiva et Alberti, le vainqueur peut obtenir le statut de champion et les lutteurs reçoivent souvent un second nom d'après leur grand-père. Selon un article de la revue Arte 21, la tradition nomme cinq champions mythiques, l'anguille électrique, le poisson cará, le tatou, le poisson traíra et le serpent qui n'a jamais connu la défaite.
Aujourd'hui
Les luttes ont lieu le matin du dernier jour de la cérémonie sur la place du village hôte. Les hôtes et leurs éventuels alliés affrontent les invités et luttent plus souvent, les meilleurs hôtes jusqu'à dix fois par jour selon Costa, les invités deux à trois fois. Au moins neuf peuples y participent : les Caribes Kalapalo, Kuikuro, Matipu et Nahukuá, les Arawak Yawalapiti, Mehinaku et Wauja et les Tupi Aweti et Kamayurá, tandis que les Trumai et les Suyá n'y participent plus selon Costa. La loi numéro 15.113 du 18 mars 2025 a reconnu la cérémonie Kuarup dans le parc national du Xingu comme expression de la culture nationale brésilienne, le projet a été déposé par la députée Rosa Neide en 2019 et une commission du Sénat l'a approuvé en décembre 2024. À l'IPHAN, l'organisme brésilien du patrimoine, ni le Kuarup ni le huka-huka ne sont inscrits. Le huka-huka est l'une des disciplines des Jeux des peuples autochtones (Jogos dos Povos Indígenas), organisés depuis 1996. Selon Portal Amazônia, le combattant de l'UFC Anderson Silva s'est rendu au Xingu pour apprendre des techniques autochtones, mais nous n'avons pas trouvé de lien direct entre le huka-huka et le vale tudo ou le MMA.
Le saviez-vous
Une forme féminine de la lutte existe, limitée aux adolescentes et jugée moins importante, dans la cérémonie décrite par Darcy Ribeiro, la lutte féminine ouvrait la cérémonie et la lutte masculine suivait. Costa la relie à la cérémonie Yamurikumã et aux flûtes sacrées. Les Yawalapiti, l'un des peuples qui luttent, comptaient en 1948 seulement 28 membres et en 2020, selon l'ISA, 309.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le huka-huka ?
Lutte des peuples du Haut-Xingu, dans le Mato Grosso brésilien. On lutte à genoux sans jeu de jambes, surtout lors de la cérémonie funéraire Kuarup, où le village hôte se mesure aux invités.
Comment gagne-t-on au huka-huka ?
Selon Costa, en touchant l'arrière de la jambe adverse, en saisissant par derrière ou en projetant, Paiva et Alberti ajoutant projection sur le ventre et soulèvement du sol. Pas d'arbitre, les nginiko surveillent le résultat, la plupart des combats finissant en match nul.
D'où vient le nom huka-huka ?
Le nom est kamayurá et, selon les anthropologues, imite les sons que les lutteurs émettent en tournant avant l'affrontement et qui rappellent le rugissement du jaguar. Les peuples caribes appellent la lutte kindene, les Yawalapiti karí.
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