Yağlı güreş (lutte turque à l'huile)
Lutte turque en pantalon de cuir kispet et à l'huile d'olive. Elle culmine au festival Kırkpınar à Edirne, que l'UNESCO a inscrit en 2010.
Fiche Technique
Caractère et Origine
Entraînement
Organisation et Compétition
De quoi le style est composé
Évaluation éditoriale sur une échelle de 0 à 3, selon la place qu’occupe chaque domaine à l’entraînement.
À propos de Yağlı güreş (lutte turque à l'huile)
Le yağlı güreş est une lutte turque dans laquelle les lutteurs, appelés pehlivan, s'enduisent entièrement d'huile d'olive et luttent uniquement en pantalon de cuir appelé kispet. Selon Hürriyet Daily News, la saison dure de mai à octobre. Son point culminant est, selon Guinness World Records, le festival Kırkpınar près d'Edirne, que l'UNESCO a inscrit en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Selon le dossier de candidature, le festival est né au XIVe siècle en Rumelia.
Lire la suite
Des légendes entourent les débuts de Kırkpınar. Selon la tradition que rapporte la fédération turque de luttes traditionnelles TGGF, quarante guerriers de Süleyman Pasha, fils d'Orhan Gazi, luttèrent en 1357. Uslu date la légende de 1346, et selon lui comme selon Hürriyet Daily News, deux des guerriers luttèrent l'un contre l'autre jusqu'à ce que tous deux meurent. Green indique que Süleyman Pasha organisa le tournoi annuel près d'Edirne en 1342. La fédération place le premier tournoi en 1361, quand Murat Bey fit organiser des luttes à la mémoire des quarante guerriers. Nous n'avons trouvé dans les sources ni le fondateur ni l'année d'origine de la lutte à l'huile elle-même. Guinness World Records présente Kırkpınar comme la plus ancienne compétition sportive homologuée en continu au monde, dit-on. Elle ne s'est toutefois pas tenue sans interruption. Uslu cite comme années sans tournoi 1878 à 1881, 1913 et 1919 à 1923, et le festival a repris en 1924. Selon les règles de la TGGF, perd le lutteur dont le ventre voit le ciel, même si ses omoplates ne touchent pas le sol, ainsi que celui qui touche le sol des deux coudes ou que l'adversaire soulève et porte sur trois pas ou avec lequel il tourne de 360 degrés. Un combat de la catégorie la plus haute, baş, dure 30 minutes et se poursuit par une prolongation illimitée aux points. Avant le combat, les lutteurs exécutent l'échauffement rituel peşrev et le crieur cazgır les présente par des vers et des prières. Le vainqueur de Kırkpınar porte le titre de başpehlivan de Turquie et garde un an la ceinture d'or. Celui qui gagne trois fois de suite conserve la ceinture. À la 664e édition, en 2025, sont venus selon Daily Sabah 826 lutteurs.
Histoire
Selon le dossier de candidature de l'UNESCO, le festival Kırkpınar est né au XIVe siècle en Rumelia. Les sources racontent diversement la légende de ses débuts. Uslu la date de 1346, quand Süleyman Pasha, le fils aîné d'Orhan Gazi, conquit Domuzhisar avec quarante soldats et que les soldats luttèrent pendant leur repos près de Samona, aujourd'hui en Grèce. Deux frères, selon la tradition Ali et Selim, n'arrivèrent pas à se vaincre et luttèrent plus tard, le jour de Hıdrellez, toute la nuit à la lueur des bougies dans la prairie d'Ahıköy près d'Edirne, jusqu'à ce que tous deux meurent. On les enterra sous un figuier, et une source trouvée là des années plus tard donna au lieu le nom de Kırkpınar. La fédération TGGF donne à la légende l'année 1357, et Green place la fondation du tournoi annuel en 1342. Uslu cite aussi l'affirmation de M. Atıf Kahraman selon laquelle les luttes de Kırkpınar étaient déjà organisées par Sarı Saltuk après la conquête d'Edirne en 1261.
Lire la suite
La fédération TGGF place le premier tournoi en 1361, quand Murat Bey, après la conquête d'Edirne, fit organiser en été des luttes à la mémoire des quarante akıncı, et depuis lors elles se tenaient selon elle chaque année le jour de Hıdrellez. Uslu indique que le sultan Murat Ier fonda à Edirne une tekke pour les lutteurs. Selon Hürriyet Daily News, les luttes d'origine ne se tenaient pas dans l'actuel Kırkpınar, mais en un lieu qui se trouve aujourd'hui en Bulgarie, et elles se sont déplacées à Edirne quand les frontières de la Turquie se sont fixées au XXe siècle. Le tournoi n'a pas eu lieu en 1878 à 1881, en 1913 et en 1919 à 1923. Kırkpınar a été relancé par six hommes à Sarayiçi en 1924, la fédération indique le 18 mai, Uslu le 30 mai. Depuis 1950, le festival est organisé par la ville d'Edirne, depuis 1966 sous la forme d'une semaine de la culture. Yıldıran décrit comment, après le boycott des başpehlivan en 1975, est né un règlement pour toute la lutte à l'huile, qui est paru dans sa forme définitive en 1984.
Ce qui le distingue
Green cite des éléments montrant que la lutte à l'huile est liée à la lutte persane koshti, et rappelle que le mot pehlivan ressemble à l'iranien pahlavani. Selon lui, les salles d'entraînement pour lutteurs, tekke, sont apparues au plus tard au XVe siècle. Outre le kispet en cuir, on lutte aussi, selon Uslu, dans un vêtement de tissu appelé pırpıt. De la lutte sur tapis, la lutte à l'huile se distingue selon Yıldıran par ses exigences : elle exige une endurance aérobie et de force, la lutte sur tapis une endurance anaérobie et de la vitesse, donc, selon lui, la lutte à l'huile ne peut servir de préparation à la lutte sur tapis. Le temps de base du combat se déroule sans points, et la décision vient de l'abandon ou d'une chute avec le ventre découvert. Yıldıran décrit aussi que la lutte à l'huile a été reprise en 1996 par une fédération de sports traditionnels nouvellement fondée et qu'en 1999 elle est repassée sous la fédération de lutte.
Technique
Les lutteurs s'enduisent entièrement d'huile d'olive avant le combat et ne portent qu'un pantalon de cuir appelé kispet, pour le reste ils sont nus et pieds nus. Le kispet va de la taille jusqu'au-dessous du genou, et la TGGF indique qu'il est cousu en cuir de buffle, de veau, de chèvre ou de bovin. Selon Uslu, sa ceinture kasnak est large de quatre doigts et il se termine sous le genou par la partie paça, sous laquelle on met du feutre. Les doigts qui pénètrent dans la paça nouée lâchement facilitent la prise. Green indique qu'il est permis de saisir et de tenir le kispet.
Lire la suite
Selon les règles de la fédération, perd le lutteur dont le ventre voit le ciel, et le contact des omoplates n'y est pas nécessaire. Perd aussi celui qui touche le sol des deux coudes ou que l'adversaire soulève et porte sur trois pas ou avec lequel il tourne de 360 degrés. Uslu y ajoute l'abandon par le mot pes et le retrait du kispet. Un kispet déchiré n'est une défaite que si les parties intimes sont découvertes, sinon on le remplace en dix minutes. Trois avertissements pour passivité font perdre. Green écrit que les prises et les projections sont permises et que les techniques correspondent à la lutte libre moderne. Uslu énumère les principales prises, parmi elles el ense, tırpan, künde, kazık, boyunduruk, çapraz, dalma et kazkanadı. Attirer l'adversaire vers soi depuis la prise paça kazık, les règles de la fédération le comptent parmi les manières suspectes de perdre.
Entraînement
Selon le dossier de candidature de l'UNESCO, lutteurs, crieurs cazgır et joueurs de davul et de zurna apprennent dans la tradition du maître et de l'apprenti. Selon la TGGF, on ne devient cazgır que par cette voie. Avant le combat, les lutteurs s'enduisent près des chaudrons d'huile et d'eau, d'abord de la main droite l'épaule gauche, la poitrine, le bras et le kispet, puis de la main gauche, et s'enduisent mutuellement le dos. Le yağcı tend l'huile et le bezci les linges pour les yeux gras. Yıldıran indique que la lutte à l'huile exige une endurance aérobie et de force, la lutte sur tapis une endurance anaérobie et de la vitesse. Nous n'avons pas trouvé dans les sources la structure de l'entraînement des lutteurs.
Grades et progression
Les lutteurs sont répartis en catégories appelées boy. Les règles de la TGGF fixent l'âge et le poids pour les catégories inférieures, de la catégorie minik bir pour les enfants de onze ans pesant de 30 à 45 kg jusqu'à deste büyük pour les jeunes de dix-neuf ans pesant de 90 à 100 kg, et les catégories supérieures n'ont pas de limite de poids. Uslu cite à Kırkpınar les catégories de minik à başaltı et baş, et l'on récompense aussi le meilleur peşrev et le lutteur le plus noble. Le vainqueur de la catégorie baş porte le titre de başpehlivan de Turquie et garde un an la ceinture d'or. Celui qui gagne trois fois de suite conserve la ceinture. Selon la fédération, la première ceinture fut la ceinture Kurtdereli de 1939, elle n'était pas en or et Tekirdağlı Hüseyin Alkaya l'a gagnée définitivement. La ceinture d'or a été introduite par la ville d'Edirne en 1960, elle est en or 22 carats et pèse environ 1 400 grammes.
Compétition
Selon le dossier de candidature, le festival de Kırkpınar dure trois jours à partir d'un vendredi, et l'on lutte sur le Champ des hommes, Er Meydanı. Il est ouvert par les prières mevlid dans la mosquée Selimiye, et une ceinture d'or est portée à travers la ville. Uslu indique, d'après les règles, que l'on lutte sur une surface herbeuse d'au moins 30 sur 30 mètres, que les lutteurs doivent avoir une licence dans les combats officiels et qu'ils sont répartis en paires selon la catégorie, l'âge et le poids. La durée du combat est fixée par les règles de la TGGF dans leur version de 2024 selon la catégorie, de 10 minutes pour les plus jeunes à 30 minutes dans les catégories başaltı et baş, toujours suivie d'une prolongation illimitée aux points. Yıldıran indiquait en 2000 de 10 à 40 minutes, Green écrivait en 2001 sur des combats sans limite de temps. Outre Edirne, le dossier de candidature mentionne la lutte à l'huile dans quatorze autres villes, dont Ankara, Bursa, Istanbul et Samsun.
Aujourd'hui
L'UNESCO a inscrit le festival de Kırkpınar en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Les règles de la lutte à l'huile sont aujourd'hui publiées par la Türkiye Geleneksel Güreşler Federasyonu (TGGF). Le rôle de l'aga, le mécène du festival, est aujourd'hui en grande partie symbolique selon Daily Sabah, et une grande partie de ses obligations est reprise par la ville d'Edirne et la fédération turque de lutte. À la 664e édition, tenue du 4 au 6 juillet 2025 à Sarayiçi, sont venus selon Daily Sabah 826 lutteurs, dont 40 başpehlivans. Green écrivait en 2001 que ce sport se répand en Europe, où l'ont apporté les immigrés turcs, et que des lutteurs d'autres nationalités y participent aussi.
Le saviez-vous
L'aga de Kırkpınar est, selon le dossier de candidature de l'UNESCO, celui qui offre le plus pour les frais de l'édition suivante, environ 250 000 dollars. L'État le reconnaît officiellement et il reçoit une voiture à plaque d'immatriculation rouge. Le symbole officiel de l'invitation à Kırkpınar est une bougie à base rouge. Green indique qu'en 1969 un combat pour le titre national a duré quatorze heures et demie. Selon Hürriyet Daily News, le sultan Abdülaziz a emmené des lutteurs à l'huile en France, et parmi eux se trouvait Kel Aliço, selon le journal vainqueur vingt-sept fois. Le maître des kispet İrfan Şahin a été déclaré en 2012, selon la fédération TGGF, trésor humain vivant par le ministère de la Culture et du Tourisme.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que Kırkpınar ?
Kırkpınar est un festival de lutte à l'huile à Edirne, que l'UNESCO a inscrit en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel. La fédération TGGF place le premier tournoi en 1361, mais il n'a pas eu lieu certaines années.
Comment gagne-t-on à la lutte à l'huile ?
Selon les règles de la TGGF, perd le lutteur dont le ventre voit le ciel, ou que l'adversaire soulève et porte sur trois pas ou fait tourner de 360 degrés. On peut aussi gagner par l'abandon de l'adversaire.
Qui est un başpehlivan ?
Le başpehlivan est un lutteur de la catégorie suprême, baş. Le vainqueur de Kırkpınar porte le titre de başpehlivan de Turquie, détient un an la ceinture d'or, et qui gagne trois fois de suite la garde.
Styles similaires
Sélectionnés selon la correspondance du profil, non selon la filiation historique.