Varma kalai
Art tamoul des points vitaux, varmam. Selon les pratiquants, il unit le versant combat varma adi à la guérison que les instituts de médecine siddha mènent comme thérapie varmam.
Fiche Technique
Caractère et Origine
Organisation et Compétition
De quoi le style est composé
Évaluation éditoriale sur une échelle de 0 à 3, selon la place qu’occupe chaque domaine à l’entraînement.
À propos de Varma kalai
Varma kalai, aussi varmakalai, est le nom tamoul de l'art des points vitaux, varmam. L'anthropologue Roman Sieler, de l'Université de Heidelberg, indique selon Asia Times qu'il comprend à la fois la frappe des points vitaux, varma adi, et leur guérison, et que selon les pratiquants varma kalai doit unir les deux. Dans Martial Arts of the World et dans le Journal of Asian Martial Arts, Zarrilli décrit le versant combat de la même tradition sous le nom varma ati, qui selon lui se pratique au Kerala depuis 1958 comme style du sud du kalaripayattu. Selon la tradition que rapporte Zarrilli, le fondateur est le sage Agastya, et nous n'avons trouvé ni fondateur historique ni année d'origine.
Lire la suite
Selon Zarrilli, la tradition compte 108 points vitaux, plus exactement 108 noms, et les pratiquants les attribuent à Agastya. Douze d'entre eux sont mortels, padu varmam, et 96 mineurs, thodu varmam. Les maîtres, appelés asan, massaient, soignaient et remettaient aussi les os, selon lui, de façon traditionnelle, dans le cadre de la médecine siddha dravidienne, et non de l'ayurveda. D'anciens textes tamouls sur feuilles de palmier décrivent la position des points, les suites des blessures et le traitement. Comme art martial, varma kalai décline selon Asia Times en 2017 et n'est maintenu que par une poignée de maîtres autour de Kanyakumari, Rameswaram et Kovipatti et dans certaines parties du Kerala. La thérapie varmam est aujourd'hui menée par le Central Research Institute of Siddha Medicine de Chennai et le National Institute of Siddha, qui a organisé en décembre 2024 un traitement de masse et, selon le site spécialisé Medical Dialogues, a inscrit un record Guinness.
Histoire
Dans Martial Arts of the World, Zarrilli décrit le varma ati comme un système de combat du sud du Travancore et du district de Kanyakumari, dans le sud du Tamil Nadu, que pratiquent traditionnellement certains Sambavar et surtout les Nadar. Selon lui, son origine est attribuée au sage Agastya, tandis que le kalaripayattu est attribué à Parashurama. Le maître Gopalakrishnan rapporte, d'après Asia Times, une tradition selon laquelle la doctrine est descendue des dieux par Agastya, qui l'a mise par écrit. Selon Zarrilli dans le Journal of Asian Martial Arts (1992), la connaissance des points relève de la médecine dravidienne siddha et non de l'ayurveda, et certains pratiquants furent autrefois appelés agastyars ou siddhas. Les anciens textes tamouls des maîtres sont, selon Zarrilli, poétiques, chantés et enseignés vers après vers. Le Varma Cuttiram de la bibliothèque de manuscrits de la University of Madras compte 146 vers, le Varma ati Morivu Cara Cuttiram plus de mille. Des textes il ressort, selon lui, que le système était très ésotérique, car seul pouvait être maître des points celui qui avait atteint le degré de yogi siddha. Depuis la fondation de la Kerala Kalaripayattu Association en 1958, le varma ati est présenté comme un style méridional du kalaripayattu, afin que le Kerala State Sports Council puisse le reconnaître.
Ce qui le distingue
Selon Zarrilli dans le Journal of Asian Martial Arts, le varma ati est étroitement apparenté au kalaripayattu, mais c'est un système distinct. Dans la même association que le kalaripayattu, ses techniques, règles, disciplines de compétition et lieux d'entraînement ont été reconnus comme distincts. Zarrilli indique aussi d'autres noms de la même tradition, ati murai, ati tata et chinna ati. À la différence des 107 points vitaux, que le traité médical de Sushruta détermine sous 43 noms, la tradition varma ati compte 108 noms de points. Le site spécialisé Medical Dialogues écrit que le varmakalai est souvent compris seulement comme une technique martiale, alors que dans la médecine siddha le varmam est une pratique thérapeutique. Roman Sieler, selon Asia Times, indique que la frappe sur les points varma adi et leur traitement varmamaruttuvam développent les capacités de l'élève.
Technique
Les pratiquants du varma ati s'accordent en général, selon Zarrilli, pour dire que les points, déterminés d'abord par le sage Agastya, sont 108. Mais c'est un nombre de noms, et certains étant doubles, il peut y avoir plus de deux cents points. Le texte Varma Oti Murivu Cara Cuttiram indique, selon Zarrilli, 46 points comme simples et 62 comme doubles. Sur 108, 96 sont des points mineurs thodu varmam et douze les principaux points mortels padu varmam. La principale technique de réanimation utilise, selon Zarrilli, l'une des douze à seize méthodes adangal, massage et stimulation des points de réanimation. Selon Zarrilli, les textes ne consignent aucune technique précise d'attaque ou de défense des points, mais elles comprennent des attaques avec les mains, les doigts et les coudes. Le maître Sadasivan Asan de Trivandrum, que cite Zarrilli, dit que là où il n'y a pas de souffle, il n'y a pas de varmam, et que les varmam sont des lieux où le souffle s'accumule pendant la méditation. En thérapie, selon un article du Journal of Ayurveda and Integrative Medicine, les points sont stimulés avec les doigts et les mains, exceptionnellement avec les orteils et la plante du pied.
Entraînement
Contrairement au kalaripayattu, le varma ati n'a selon Zarrilli pas d'exercices corporels préparatoires, et les élèves apprennent attaques et défenses dès le début. On s'entraîne en plein air ou dans des enclos de feuilles de palmier sans toit. Selon le maître Gopalakrishnan, que cite Asia Times, varma adi, le versant combat de varma kalai, est une étape avancée de l'entraînement et seuls les élèves dotés de maîtrise de soi la reçoivent. La connaissance des points reste selon Zarrilli très secrète et contestée parmi les pratiquants de varma ati et de kalaripayattu.
Grades et progression
L'entraînement au varma ati selon Zarrilli commence par les pas de salutation vandana cuvatu. Suivent les otta cuvatu, pas sur une jambe, où une jambe, généralement la gauche, reste debout et l'autre bouge dans les quatre directions, et la plupart des maîtres enseignent douze séquences de base d'otta cuvatu comme préparation du corps. D'autres séries sont les vatta cuvatu, qui permettent de passer droit à la contre-attaque, et les kutta cuvatu, combinaisons de pas des deux jambes avec défenses et attaques sur des points. Certains maîtres dessinent au sol un kalam, figure de cinq cercles où l'on travaille les pas.
Aujourd'hui
Selon Asia Times de 2017, la tradition varma kalai n'est entretenue que par une poignée de maîtres à la pointe sud du Tamil Nadu, autour de Kanyakumari, Rameswaram et Kovipatti, et dans certaines parties du Kerala, et le savoir se transmet surtout en famille. Comme art martial, elle s'affaiblit, elle a décliné avec l'arrivée des armes à feu, mais elle sert toujours à soigner la paralysie, les entorses, les fractures et les troubles nerveux. La thérapie varmam, traitement non invasif de la douleur sans médicaments, est dirigée selon un article du Journal of Ayurveda and Integrative Medicine par le département de varmam, thokkanam et de réduction traditionnelle des os à l'Institut central de recherche de la médecine siddha à Chennai. Le National Institute of Siddha à Chennai a annoncé en décembre 2024, selon le quotidien DT Next, un traitement de masse, et selon Medical Dialogues 567 thérapeutes y ont soigné simultanément 567 personnes et l'institut a enregistré un record Guinness.
Le saviez-vous
Zarrilli rapporte, d'après Menon de 1967, la tradition sur Chattambi Swamigal (1853 à 1924), érudit et saint du sud du Kerala, qui aurait maîtrisé la lutte, la guérison, le yoga et l'art des points et qui aurait, dit-on, vaincu d'un contact de son bâton un groupe de jeunes ivres près de l'église d'Edappalli. Les points de la thérapie varmam ont, selon un article du Journal of Ayurveda and Integrative Medicine de 2025, des codes dans la terminologie standard de l'Organisation mondiale de la santé.
Questions fréquentes
Combien de points vitaux connaît varma kalai ?
Selon Zarrilli, la tradition donne 108 noms de points, qu'elle attribue au sage Agastya. Douze d'entre eux sont mortels et 96 mineurs, et comme certains noms sont doubles, il peut y avoir plus de deux cents points.
Varma kalai est-il un art martial ou une guérison ?
Les deux. Selon l'anthropologue Roman Sieler, que cite Asia Times, varma kalai comprend la frappe des points, varma adi, et leur guérison, et les pratiquants insistent sur le fait qu'il doit unir les deux.
Quel lien entre varma kalai et adimurai ?
Zarrilli et Green donnent adi murai, varma ati, ati tata et chinna adi comme noms d'un même système de combat tamoul, qui se pratique au Kerala depuis 1958 comme style du sud du kalaripayattu.
Styles similaires
Sélectionnés selon la correspondance du profil, non selon la filiation historique.